Les mots en verlan les plus utilisés

Né dans les banlieues parisiennes dans les années 1970, le verlan s’est peu à peu imposé comme un vrai code entre jeunes. C’est une façon de parler différente, un moyen de se reconnaître entre soi et de se démarquer du langage “classique”.

Le principe est simple : on inverse les syllabes d’un mot. Par exemple, “fou” devient “ouf” ou “louche” devient “chelou”. Même le mot verlan vient du mot l’envers, inversé. C’est à la fois un jeu et une manière de parler plus libre, plus créative.

Aujourd’hui, le verlan ne se limite plus aux quartiers. On l’entend partout : dans les films, les chansons, les médias… Comprendre le verlan, c’est aussi comprendre une partie vivante et authentique de la culture française.

Les 60 mots en verlan les plus utilisés

Voici quelques-uns des mots verlan les plus utilisés par les jeunes… et les moins jeunes !

Ouf (fou)

Exemple : « C’est ouf ce qui s’est passé ! »

Meuf (femme)

Exemple : « J’ai vu une meuf trop stylée. »

Keum (mec)

Exemple : « C’est qui ce keum ? »

Chelou (louche)

Exemple : « Il est chelou ce type. »

Relou (lourd)

Exemple : « Tu es trop relou avec tes questions ! »

Keuf (flic)

Exemple : « Attention, les keufs arrivent ! »

Teuf (fête)

Exemple : « On fait une teuf samedi soir ? »

Reum (mère)

Exemple : « Ma reum m’a appelé. »

Reup (père)

Exemple : « Mon reup est strict. »

Reuf (frère)

Exemple : « C’est mon reuf, on est proches. »

Reuss (sœur)

Exemple : « Ma reuss est en voyage. »

Pécho (choper)

Exemple : « J’ai pécho son numéro. »

Cimer (merci)

Exemple : « Cimer pour ton aide ! »

Téma (mater)

Exemple : « Téma cette voiture ! »

Vénère (énervé)

Exemple : « Je suis vénère contre lui. »

Teubé (bête)

Exemple : « Il est teubé ou quoi ? »

Ripou (pourri)

Exemple : « Ce flic est ripou. »

Zarbi (bizarre)

Exemple : « Cette situation est zarbi. »

Chanmé (méchant)

Signifie impressionnant, génial. Exemple : « C’est chanmé ce son ! »

Beuh (herbe)

Exemple : « Il fume de la beuh. »

Zicmu (musique)

Exemple : « J’écoute de la zicmu. »

Caillera (racaille)

Exemple : « Les cailleras traînent ici. »

Rebeu (beur)

Exemple : « C’est un rebeu du quartier. »

Renoi (noir)

Exemple : « Mon pote renoi arrive. »

Céfran (français)

Exemple : « Je suis céfran. »

Feuj (juif)

Exemple : « Mon ami est feuj. »

Kainri (ricain/américain)

Exemple : « C’est un film kainri. »

Tromé (métro)

Exemple : « Je prends le tromé pour venir. »

Tof (photo)

Exemple : « Envoie-moi la tof ! »

Beubar (barbe)

Exemple : « Il a un beau beubar. »

Cheum (moche)

Exemple : « Ce pull est cheum. »

Reuch (cher)

Exemple : « C’est trop reuch ici ! »

Iench (chien)

Exemple : « J’ai un iench adorable. »

Mifa/Mif (famille)

Exemple : « Je suis avec ma mifa. »

Turfu (futur)

Exemple : « C’est du turfu ce projet ! »

Québlo (bloqué)

Exemple : « Je suis québlo dans les bouchons. »

Iep (pied)

Exemple : « J’ai mal au iep. »

Deban (bande)

Exemple : « Toute la deban est là. »

Donf (fond)

Exemple : « Je mets la zicmu à donf ! »

Tepu (pute)

Exemple : « C’est une insulte grave. »

Teub (bite)

Exemple : « Mot utilisé souvent comme insulte. »

Chébran (branché)

Exemple : « Ce bar est chébran. »

Ièch , fait ièch (fait chier)

Exemple : « Ça fait ièch cette situation. »

Auche (chaud)

Exemple : « C’est auche ce problème. »

Méfu (fumer)

Exemple : « Il est sorti méfu. »

Chéper (perché)

Exemple : « Il est complètement chéper. »

Oilpé (à poil)

Exemple : « Il était oilpé dans la rue. »

Oinj (joint)

Exemple : « Il roule un oinj. »

Pera (rap)

Exemple : « J’écoute du pera. »

Geudro (drogue)

Exemple : « Il deal de la geudro. »

Tiep (petit)

Exemple : « C’est tiep ce truc. »

Tarpé (pétard/joint)

Exemple : « Il fume un tarpé. »

Foncedé (défoncé)

Exemple : « Il est foncedé. »

Péta (taper)

Exemple : « Il l’a péta. »

Skeud (disque)

Exemple : « J’ai acheté le dernier skeud. »

Oim (moi)

Exemple : « C’est oim qui l’ai fait. »

Ouat (toi)

Exemple : « Ouat, tu viens ? »


Origines et histoire du verlan

Le verlan est une invention bien française. Il apparaît timidement dans les années 1950-1960, mais c’est vraiment dans les années 1970 et 1980 qu’il prend son essor, surtout dans les banlieues parisiennes. À cette époque, beaucoup de jeunes, souvent issus de l’immigration, cherchent à affirmer leur identité et à se distinguer du langage “officiel”.

Le verlan devient alors un code, une manière de parler entre soi, de dire les choses sans être compris des adultes ou des autorités. C’est aussi une forme de résistance, un moyen d’exister dans une société où ces jeunes ne se sentent pas toujours écoutés.

Dans les années 1990, le mouvement hip-hop va propulser le verlan au-devant de la scène. Des rappeurs comme NTM, IAM ou MC Solaar popularisent ces mots dans leurs textes. Résultat : le verlan sort des cités et s’installe dans la culture populaire.

Aujourd’hui, il fait partie du quotidien. Des mots comme meuf, keuf ou ouf sont tellement répandus qu’ils figurent dans les dictionnaires. Preuve que le verlan a laissé une trace durable dans la langue française.

Lire aussi : Wesh : origine, signification et évolution d’un mot devenu culte

Comment fonctionne le verlan ?

Le principe est simple : on inverse les syllabes d’un mot. Mais dans la pratique, c’est souvent plus subtil qu’il n’y paraît. Voici les grands types de formation :

  • L’inversion simple
    1. Mère → Reum
    1. Père → Reup
    1. Fou → Ouf
  • Les ajustements de son
    Certains mots sont modifiés pour être plus faciles à prononcer :
    1. Femme (fam) → Meuf
    1. Flic → Keuf
  • Les mots courts
    On joue sur les sons :
    1. Chien → Iench
    1. Louche → Chelou
  • Le double verlan
    Parfois, un mot est “reverlanisé” :
    1. Arabe → Beur → Rebeu
  • Les créations libres
    Certains mots sont inventés pour le style :
    1. Merci → Cimer
    1. N’importe quoi → Nawak

Le verlan dans la culture populaire

Musique et rap

Le rap a fait du verlan son langage naturel. Des artistes comme Booba, Kaaris, PNL ou Nekfeu l’utilisent dans leurs morceaux, rendant ces mots familiers à des millions d’auditeurs. Leurs textes sont devenus, sans exagérer, de véritables manuels de verlan.

Cinéma

Des films cultes comme La Haine de Mathieu Kassovitz ou Les Ripoux ont aussi contribué à diffuser le verlan. Ces œuvres ont montré au grand public la réalité du langage de la rue.

Littérature

Certains auteurs l’utilisent dans leurs romans pour donner de la crédibilité à leurs personnages ou refléter le parler d’une époque.

Médias et pubs

Même les marques s’y sont mises. Le verlan est devenu un outil marketing pour parler aux jeunes, créer de la proximité et donner un ton “cool” à une campagne.

Faut-il apprendre le verlan ?

Tout dépend de votre rapport à la langue. Si vous vivez en France ou apprenez le français, connaître un peu de verlan peut être très utile.

Pourquoi l’apprendre

  1. Comprendre la culture : le verlan est une facette importante de la société française moderne.
  2. Mieux communiquer : il est fréquent dans les conversations informelles, surtout entre jeunes.
  3. Profiter de la culture : on le retrouve dans les films, les chansons, les séries et sur les réseaux.
  4. Créer du lien : utiliser quelques mots peut rapprocher et détendre la communication.

Pourquoi rester prudent

  1. C’est familier : le verlan ne se prête pas aux situations formelles ou professionnelles.
  2. Il change vite : certains mots disparaissent, d’autres naissent sans arrêt.
  3. Attention au ridicule : mal placé, le verlan peut sonner forcé ou déplacé.

Le mieux, c’est donc de le comprendre, sans forcément le parler. Si vous baignez dans la culture urbaine, son usage viendra naturellement.

Le verlan : enrichissement ou menace pour la langue ?

Le débat existe depuis longtemps. Certains y voient une preuve de créativité et un reflet de la vitalité du français. D’autres estiment qu’il appauvrit la langue et crée une barrière sociale.

Les défenseurs soulignent :

  • Sa créativité : il prouve que le français évolue.
  • Son rôle identitaire : il exprime une culture, un vécu.
  • Sa vitalité : le verlan montre que la langue est vivante.

Les détracteurs pensent que :

  • Il complique la communication.
  • Il peut exclure ceux qui ne le comprennent pas.
  • Il rend le français moins clair et plus familier.

En vérité, le verlan n’est ni un danger ni un miracle. C’est simplement un reflet de la société française, de son inventivité et de sa diversité.

Conseils pour mieux le comprendre

Si vous apprenez le français :

  1. Commencez par les mots de base : meuf, keum, ouf, chelou, relou, keuf.
  2. Écoutez du rap ou regardez des séries françaises.
  3. Observez le contexte avant d’utiliser un mot.
  4. Allez-y doucement : mieux vaut quelques mots justes qu’un excès.
  5. Restez naturel : parlez comme vous êtes.

Si vous êtes francophone :

  1. Adaptez votre langage selon le contexte.
  2. Aidez les étrangers à comprendre ces mots.
  3. Voyez le verlan comme une richesse culturelle, pas comme une menace.

Le verlan raconte une histoire : celle d’une jeunesse créative, pleine d’énergie, qui a su transformer la langue à son image. Comprendre le verlan, c’est comprendre une partie de la culture française d’aujourd’hui. Et la prochaine fois que vous entendrez “C’est ouf, cette meuf est trop chébran !”, vous saurez que ce n’est pas juste une phrase bizarre… mais un morceau vivant de la langue française.

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