Coup de chaleur : les signes à repérer et le moment où il faut appeler les secours

La France traverse actuellement un nouvel épisode de canicule, l’un des plus intenses jamais enregistrés à cette période de l’année d’après Santé publique France. Plusieurs dizaines de départements sont en vigilance rouge et les hospitalisations liées à la chaleur grimpent de jour en jour. Dans ce contexte, savoir reconnaître les signes d’un coup de chaleur n’est pas un détail. C’est souvent ce qui fait la différence entre une situation qui se règle en quelques heures et une urgence vitale.

Le souci, c’est que beaucoup de gens confondent encore coup de chaleur, insolation et simple épuisement dû à la chaleur. Ce sont pourtant trois situations différentes, avec des niveaux de gravité qui n’ont rien à voir entre eux.

Sans cet article, on fait le point sur ce qu’il faut observer et sur le moment où il ne faut plus attendre pour appeler.

Les trois niveaux de gravité

Avant de parler des signes d’alerte, il faut comprendre une chose, il existe une sorte d’escalade. La chaleur ne provoque pas un seul trouble mais plusieurs, qui vont du simple désagrément jusqu’à l’urgence absolue.

Le premier niveau, c’est l’épuisement par la chaleur. Selon l’Assurance maladie, il résulte d’une perte excessive d’eau et de sels minéraux dans l’organisme. La température corporelle se situe généralement entre 38 et 40 °C, et reste parfois normale, surtout chez les personnes âgées. C’est inconfortable, ça fatigue beaucoup, mais ce n’est pas encore l’urgence vitale.

Au-dessus, on trouve l’insolation, liée à une exposition directe et prolongée au soleil. D’après ameli.fr, elle se manifeste par des maux de tête violents, un état de somnolence, des nausées, une fièvre élevée, parfois des brûlures cutanées et, dans certains cas, une perte de connaissance.

Et puis il y a le coup de chaleur. Là, on change de catégorie. Ce n’est plus un simple malaise, c’est une urgence médicale qui engage le pronostic vital.

Le coup de chaleur, une urgence à part

Ce qui distingue le coup de chaleur des deux situations précédentes, c’est que le corps perd totalement sa capacité à réguler sa température. Normalement, l’organisme transpire pour se refroidir. Là, ce mécanisme s’effondre purement et simplement.

Le Manuel MSD, une référence médicale utilisée par de nombreux professionnels de santé, est assez clair sur la définition. La température corporelle dépasse généralement 40 °C et des symptômes de dysfonctionnement cérébral se développent, confusion, désorientation, perte de coordination, parfois évanouissement. Ce qui surprend souvent les gens, c’est que la transpiration peut totalement disparaître, alors même que la personne continue de surchauffer. La peau devient chaude, rouge, parfois sèche, et le mauvais fonctionnement du cerveau peut entraîner confusion, convulsions, voire un coma.

Ameli.fr donne une définition tout aussi nette des critères qui caractérisent ce coup de chaleur, à savoir une température corporelle supérieure ou égale à 40 °C, accompagnée de troubles de la conscience marqués. Cela peut aller de la perte de connaissance à des convulsions fréquentes, jusqu’à un état de délire ou un coma.

Avant d’en arriver là, des signes annonciateurs apparaissent presque toujours. Une fatigue extrême et soudaine, des maux de tête intenses, des nausées avec parfois des vomissements, des vertiges qui empêchent de tenir debout, une peau chaude et rouge. On observe aussi souvent des crampes musculaires, surtout au niveau des mollets et des cuisses. Ces crampes en particulier méritent d’être prises au sérieux, elles signalent bien souvent qu’une étape plus grave est en train de s’installer.

Pourquoi certaines personnes sont plus exposées

Tout le monde n’a pas le même risque face à la chaleur, et ça change forcément la façon dont il faut surveiller les signes. Les personnes âgées sont en première ligne, pour une raison simple, leur organisme régule moins bien la température et la sensation de soif diminue avec l’âge. L’Agence régionale de santé Occitanie le rappelle, certaines personnes âgées peuvent ne pas avoir conscience de la perception de la soif. Elles peuvent donc se déshydrater sérieusement sans jamais ressentir l’envie de boire, ce qui est plutôt inquiétant en pratique.

Les nourrissons et jeunes enfants sont également très vulnérables. Leur corps se refroidit moins efficacement et la déshydratation peut s’installer en quelques heures à peine. Du côté des adultes, les sportifs qui s’entraînent en pleine chaleur, les travailleurs exposés comme dans le BTP, l’agriculture ou la livraison, les femmes enceintes et les personnes atteintes de maladies chroniques font aussi partie des profils à risque accru. Certains traitements médicamenteux, notamment ceux qui réduisent la transpiration, augmentent encore ce risque. Et l’alcool, sans surprise, n’aide pas non plus.

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Le bon réflexe face à un épuisement ou une insolation

Tant qu’on reste au stade de l’épuisement par la chaleur ou de l’insolation, la prise en charge peut se faire à la maison, à condition d’agir vite. Ameli.fr recommande d’installer la personne dans une pièce fraîche, sèche et aérée, de l’allonger, puis d’asperger régulièrement son corps d’eau froide en éventant la peau mouillée. Chez l’adulte, on peut aussi appliquer de la glace sur la tête, la nuque, les aisselles et l’aine, des zones où les vaisseaux sanguins sont proches de la peau, ce qui favorise un refroidissement plus rapide.

Si la personne reste consciente, il faut aussi la faire boire, lentement et régulièrement, de l’eau fraîche ou une boisson contenant des électrolytes. La logique reste toujours la même, faire baisser la température du corps et compenser les pertes en eau et en sels minéraux.

Ces gestes suffisent dans la grande majorité des cas. Mais il existe une limite claire au-delà de laquelle ils ne suffisent plus du tout.

Le moment où il ne faut plus attendre

C’est sans doute le point le plus important de cet article. Certains signes doivent déclencher un appel immédiat aux secours, sans tenter quoi que ce soit d’autre avant.

D’après ameli.fr, il faut appeler le 15 ou le 112 sans délai dès qu’apparaissent des symptômes avant-coureurs du coup de chaleur, et encore plus en présence de troubles de la conscience marqués. Perte de connaissance, convulsions, état confus, comportement étrange, propos incohérents, tout cela doit faire réagir tout de suite. Une plateforme spécialisée en téléconsultation le résume bien, face à un coup de chaleur chaque minute compte. En cas de perte de connaissance ou d’état confus, il faut appeler le 15 sans attendre.

Chez l’enfant, l’Agence régionale de santé Occitanie est tout aussi précise. Il faut appeler sans tarder le Samu en composant le 15 en cas de troubles de la conscience, de refus ou d’impossibilité de boire, de coloration anormale de la peau, ou de fièvre supérieure à 40 °C.

En attendant les secours, quelques gestes restent utiles. Retirer les vêtements superflus pour laisser la chaleur s’échapper, puis tenter un refroidissement rapide, par immersion en eau fraîche si c’est possible, ou à défaut en aspergeant la peau et en ventilant. Surveiller en continu l’état de conscience est essentiel, car une dégradation peut survenir très vite, parfois en quelques minutes. Une précision importante cependant, si la personne est confuse et donc incapable de coopérer, mieux vaut éviter l’immersion en eau froide, le risque de noyade devient bien réel dans ce cas.

Une urgence qui ne se traite pas en médecine de ville

Une fois pris en charge par les secours, le coup de chaleur réclame une prise en charge hospitalière, le plus souvent en soins intensifs. Les services d’urgence refroidissent le patient en retirant ses vêtements, en mouillant sa peau, et parfois en utilisant de grands ventilateurs industriels pour accélérer l’évaporation. Des solutés froids peuvent être administrés par voie intraveineuse, avec une surveillance continue de la température corporelle. Pour éviter un refroidissement excessif, ces mesures s’arrêtent généralement quand la température atteint environ 39 °C.

Cette gravité s’explique par le fait que le coup de chaleur ne touche pas seulement le cerveau. Il peut affecter plusieurs organes en même temps, les muscles, le foie, les reins, les poumons. On parle de défaillance multiviscérale, et c’est elle qui explique le taux de mortalité élevé associé à cette pathologie, même avec un traitement adapté.

Les chiffres qui montrent l’ampleur du phénomène

Les données de Santé publique France donnent une idée assez nette de ce que représente la chaleur en termes de santé publique. Sur les neuf derniers étés, environ 11 700 décès sont attribuables à une exposition à la chaleur durant les épisodes de canicule, et près de 40 000 sur l’ensemble de la période de surveillance. Un chiffre qui surprend souvent, les canicules ne représentent que 4 % des jours de la période surveillée, mais elles concentrent près de 30 % des décès liés à la chaleur.

Autre élément à retenir, le risque ne se limite pas aux jours de vigilance officielle. Sur les années récentes, jusqu’à 85 % des passages aux urgences liés à la chaleur ont eu lieu en dehors des périodes de vigilance jaune, orange ou rouge. Autrement dit, la prudence reste de mise même quand aucune alerte n’est affichée à la télévision.

Les numéros à garder sous la main

Pendant les épisodes de forte chaleur, la plateforme Canicule info service est activée. Elle est accessible au 0 800 06 66 66, gratuitement depuis un poste fixe ou un mobile, du lundi au samedi de 9h à 19h. Elle permet d’obtenir des conseils pour se protéger ou pour accompagner un proche fragile.

Pour toute urgence vitale, en revanche, un seul réflexe, le 15 (Samu) ou le 112. Ces numéros restent gratuits même depuis un téléphone bloqué ou sans crédit. En cas de doute sur la gravité de la situation, mieux vaut appeler et se faire rassurer par un professionnel que d’attendre de voir si ça s’aggrave.

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